Mon plus grand malaise de lecture…

par Dareel
Mon plus grand malaise de lecture

Aujourd’hui, c’est petit article blabla pour vous raconter l’un de mes plus grands moments de gêne dans le monde de la lecture.

Je pense qu’il est déjà arrivé à beaucoup de monde de se faire recommander/prêter/offrir un livre qui une fois lu, ne nous a pas du tout plu. Et concrètement, il n’y a rien de grave à ça. J’ai ainsi pu découvrir Musso et me rendre compte que mon préjugé était fondé, je n’accroche pas à cet auteur. J’ai aussi pu faire des services presse qui m’ont déçue, mais ça c’est le jeu. J’ai même droit au coup de la collègue qui me recommande un livre qu’elle n’a même pas lu “mais vu que je sais que toi tu lis, tu verras il est génial”. Très fort.

L’an dernier, il m’est arrivé quelque chose d’assez gênant. Je lis donc tous les jours au travail à ma pause déjeuner, ce qui a tendance à attirer l’attention de mes collègues. Mon chef d’époque l’avait aussi remarqué, et n’a pas été peu fier, un jour, de me dire que sa soeur était écrivain. Et le lendemain de m’amener un exemplaire d’un de ses romans. Pour des raisons évidentes quand vous lirez la suite, je préfère ne pas citer l’auteure ni le livre…

Me voilà donc en possession de roman, je pars en week-end avec mon conjoint chez sa cousine sur Toulouse et emmène ce livre pour bouquiner dans le week-end.

Alors première chose, c’est lent. C’est lent, et c’est mal écrit. C’est lent, c’est mal écrit et c’est inintéressant. Et là je comprends qu’on est sur un roman young adult, voire clairement teenager. Non pas qu’ils soient tous comme ça, loin de là, mais au fur et à mesure de l’histoire je me rends compte qu’on en est au 3ème chapitre sur un sujet futile avec des personnages superficiels, et une écriture très, très insupportable.

Par exemple, on peut très bien comprendre qu’un personnage est saoul sans avoir à mettre des conversations du genre “Laisse-m-moi-moiiii tranquilleuuu !!!!” “Je sui p-pa bourréééé !!”, ce qui donne clairement l’impression de prendre son lectorat pour des gros débiles.

Bon, soit, pourquoi pas. Passons aussi les “holala il est beaucoup trop mignon j’ai des papillons dans le bidou” quasiment écrit comme ça textuellement, ainsi que les “rappelle-moi quand tu veux bébé”.

Je commence quand même à ce moment à être sceptique. On arrive à 150 bonnes pages de romance niaise et mal écrite entre deux ados de 16-17 ans.

Mais alors quand le roman tourne en partie de jambes en l’air sur une machine à laver en marche, avec description extrêmement détaillée du moindre mouvement de langue sur les organes de mademoiselle, le tout avec des cris et des points d’exclamation à n’en plus finir, j’ai un peu perdu pied. Il s’agissait en fait clairement d’un vulgaire roman ado-romantico-porno, où les personnages ne font plus que du sexe, n’ont plus que des dialogues crus et insignifiants, et ce pendant environ 350/400 pages. Réellement à chaque chapitre. Toujours aussi vulgaire et mal écrit, on aurait dit l’oeuvre d’une enfant qui écrit des fan-fictions à 9 ans (et je suis sûre que certaines se débrouillent bien mieux), connaissance sexuelle en supplément. Et c’est pourtant écrit par une dame d’au moins une quarantaine d’années qui se prétend écrivain, qui est publiée, et compte (si ce n’est pas déjà fait d’ailleurs) en faire une trilogie. A noter qu’à part une rencontre et du sexe, il ne s’est absolument rien passé dans cette fiction.

Je ne vous explique ma gêne quand j’ai fermé le livre et raconté ça aux gens qui m’entouraient. Parce qu’un mauvais livre porno avec des ados, ça arrive. Mais quand il vous est chaudement recommandé et prêté par votre patron, il faut le prendre comment ? Je n’ai jamais pu le continuer, et j’ai décidé de le lui rendre dès mon prochain jour de travail. Lorsque je lui ai demandé s’il savait de quoi ça parlait, il m’a dit non. Je me suis donc fait un plaisir de lui dire qu’il était judicieux de lire un livre avant de le recommander/prêter à ses employés, et accessoirement que lire les romans de sa propre soeur serait plutôt sympa pour ne pas passer pour un imbécile, surtout quand il vous est dédicacé. Combien de femmes auraient pu prendre ça pour un message ambigu ? En l’occurrence, il s’est caché sous la table, est devenu rouge et s’est excusé toute la journée. Il ne m’a plus jamais reparlé “littérature” depuis, et a d’ailleurs changé de travail. Aujourd’hui j’en ris, mais à l’époque, gros malaise…

Et vous, vous avez déjà eu de drôles de recommandations livresques ?

Jetez-y un oeil...

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